E. La fondation familiale

La fondation familiale est un organisme auquel la famille affecte un certain capital pour la réalisation de ses objectifs. Les fondations peuvent être de deux types : les fondations philanthropiques et les fondations patrimoniales destinées à préserver les actifs de la famille et aider les membres de la famille dans la réalisation de leurs projets.

Les fondations philanthropiques

Fondation Meeschaert pour l'enfanceLa philanthropie a la capacité de fédérer les membres de la famille autour d’un projet commun autre que l’entreprise familiale. Elle a l’avantage d’être accessible à tout le monde – en effet, il est difficile d’imaginer pourquoi l’accès à la fondation familiale serait restreint, à la différence de celui aux postes de direction de l’entreprise familiale. Alimenté par le désir des personnes ayant réussi leur projet professionnel de rendre une partie de leur richesse à la société et « d’améliorer le monde », le projet philanthropique de la famille la soude encore davantage si la société familiale a été cédée. Très développé outre Atlantique avec des fondations extrêmement connues de Ford, Hewlett, Kellogg ou Gates, ce concept est également présent en France (avec notamment la fondation de la famille Meeschaert créée en 1994) et en Europe (fondation de la famille allemande Vorwerk).

Le défi principal auquel sont confrontées les familles souhaitant créer leur fondation est le choix du projet – chacun peut avoir ses propres conceptions de la bienfaisance. Certains family offices, dont Meeschaert Family Office, ont développé un vrai savoir-faire dans ce domaine et sont en mesure d’aider la famille à définir et à mettre en œuvre leur projet philanthropique.

Les fondations patrimoniales

Les fondations patrimoniales ont un objectif complètement différent. Loin de la philanthropie, elles servent à pérenniser et à fructifier les actifs financiers détenus par la famille. Ce type de fondation est souvent créé suite à la cession de l’entreprise familiale lorsque se pose la question du réinvestissement des capitaux et lorsque la famille partage le souhait de permettre aux jeunes générations de se lancer dans leurs propres projets. L’un des exemples les plus connus concerne la fondation familiale Sandoz, créée par le fils d’Edouard Constant Sandoz, fondateur de la société pharmaceutique aujourd’hui devenue Novartis. Conformément à ses statuts, la fondation a pour objectif de soutenir les descendants de M. Sandoz au moment où ils ont besoin de capitaux pour financer leurs projets professionnels. Dotée d’un véritable comité de direction, elle s’inscrit parfaitement dans une stratégie familiale de gouvernance. En matière d’investissement, cette fondation privilégie les participations importantes dans les entreprises innovantes, respectueuses de l’environnement et de la société et soucieuses de la préservation de la tradition industrielle suisse. D’autres fondations choisissent de se tourner vers des placements plus traditionnels comme les fonds d’investissement. Un family office pourrait mettre ses compétences en gestion d’actifs et en private equity au service d’une telle fondation.

Toutefois, un certain nombre de fondations familiales, notamment de juridictions douteuses, ne servent qu’à échapper à l’administration fiscale lors de la transmission du patrimoine familial. Semblables dans leur principe à un trust (le patrimoine privé est confondu avec le patrimoine détenu au sein de la structure), elles ne sont animées que par des préoccupations d’optimisation fiscale et ne peuvent pas être considérées comme des organes de gouvernance familiale.

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